Pour l’été 2014, c’est encore vers l’Asie que nous nous tournons, amoureux de ces peuples accueillants et généreux : nous partons au Vietnam pour un périple basique du nord au sud, en terminant par le Cambodge que nous rejoignons en bateau sur le Mékong. Nous avons de nouveau fait appel à Jean-Luc de Khuon Tour, un réceptif basé à Phnom Penh et tenu par un français : il nous a mis en contact avec une agence locale du Vietnam et nous avons organisé notre parcours à notre convenance. Voitures avec chauffeurs, hôtels de bon standing mais les guides vietnamiens n’étaient pas à la hauteur de ceux du Cambodge : sur les 3 que nous avons eus, seul celui de Hanoi était compétent et agréable mais loin du niveau de notre guide cambodgien des temples d’Angkor, cultivé et plein d’humour (merci Lida !). Oui, nous sommes retournés à Phnom Penh et à Siem Reap car nous adorons ce pays, voisin du Vietnam mais si différent malgré une histoire intriquée (Empire kmer, Indochine française).
Malgré notre préférence pour le Cambodge et ses habitants, il faut dire que le Vietnam nous laisse un souvenir impérissable quand on évoque Hanoi, la baie d’Halong, Hoi Han, le delta du Mékong et la cuisine vietnamienne. A la sortie de l’aéroport d'Hanoi, tôt le matin, nous avons plongé directement dans l’exotisme et l’effervescence d’une capitale étourdissante : temples et pagodes colorés, dédale de rues chargées d’histoire de la vieille ville, circulation chaotique … bruit et moiteur … orage de 15 mn alors que nous étions en cyclo pousse … tout cela nous a déconcertés mais séduits. Se promener sur les rives du lac Hoan Kiem à 5h30 du matin est une expérience mémorable : les habitants, très nombreux, marchent ou font des exercices … un ballet incroyable tout comme le spectacle des trottoirs de la vieille ville, envahis de mini tabourets en plastique bleu où s’installent les clients pour manger les plats proposés par les vendeurs ambulants. La cuisine de rue est réputée mais nous avons préféré tester la cuisine locale dans un cadre paisible comme ces fameux restaurants : Green Mango, La et surtout Madame Hien. Quant aux nombreux bars à bière, il faut s’y attarder malgré le bruit pour goûter la « bia hoi », cette bière brassée le jour même sans additifs ni conservateurs. C’est une expérience authentique au milieu des autochtones : nous avons commandé quelques plats en les imitant, une soirée incroyablement bon marché.
La cuisine vietnamienne est certainement une des meilleures au monde : variée et pleine de saveurs, tout est dans la fraîcheur des ingrédients. Elle regorge de spécificités ancrées dans la géographie, la culture et l’histoire locale qui conduisent le voyageur de la Chine à l’Asie du Sud-Est. Nous nous sommes régalés partout au Vietnam avec les produits de la mer, les nouilles ou les crêpes de riz et les herbes aromatiques. Ce fut surtout le cas sur la jonque en baie d’Halong où les cuisiniers étaient talentueux et le service excellent : nous avons pris nos repas sur le pont arrière, les tables dressées de nappes blanches tout en voguant à travers un décor féérique de pics karstiques, loin de la foule en baie de Bai Tu Long. Deux nuits à bord d’un des bateaux d’Indochina Junk nous ont permis de profiter pleinement de cette merveille classée au patrimoine mondial de l’humanité : on se sentait vraiment privilégiés, conscients de la rareté, de la beauté et de la fragilité de ces paysages fantasmagoriques, comme transportés sur une autre planète. Partis avec le beau temps, on a essuyé quelques orages (notamment lors de notre balade en kayak) qui nous ont contraints à manger à l’intérieur du bateau. Parmi les 20 passagers, nous étions les 2 seuls français et nous avons bien sympathisé avec 2 adorables vietnamiennes : Thuy (une jeune femme de 26 ans travaillant dans le tourisme) et sa mère Mo qui ne parlait pas anglais et qui se désolait pour sa fille toujours célibataire. On a ainsi appris quelques mots de vietnamien et partagé avec elles les bons moments de cette croisière de rêve, comme ce dîner magique dans une grotte aménagée avec talent par le personnel de notre jonque.
Pour rejoindre le centre puis le sud, nous avons pris l’avion (réservation faite en France pour le vol international et les 2 vols locaux en passant par une agence vendant des billets Vietnam Airlines - moins de frais que payer en direct avec la compagnie). Etape culturelle par excellence à Hué et Hoi An : pour qui s'intéresse à l'art et l'architecture, ces 2 villes au centre du Vietnam remportent la palme avec des édifices historiques souvent situés dans un magnifique cadre naturel. Les impressionnants tombeaux royaux de Hué, véritables mausolées résidences sont étonnants et celui de Minh Mang nous a enchantés. C'est surtout la jolie ville de Hoi An, aux allures médiévales qui nous a subjugués : son cadre exceptionnel au bord du fleuve, le peu de circulation grâce à ses rues piétonnes, ses restos gastronomiques, ses cafés branchés et ses illuminations chaque soir venu contribuent au charme incontesté de cette petite cité au patrimoine préservé. Pour nous, c'est la plus ravissante ville que nous ayons découverte cet été : elle a su garder son visage d'il y a plusieurs siècles avec toutes ses maisons communales en bois des différentes congrégations chinoises qui s'établirent ici, ses temples, ses pagodes et son fameux pont couvert japonais. C'est ici aussi que nous avons pu profiter de baignades dans l'océan tout près (plage d'An Bang).
Nous embarquons ensuite pour Hô Chi Minh Ville, l'ancienne Saigon afin de rejoindre le delta du Mékong. La capitale économique du Vietnam est une métropole fourmillante qui ne nous a pas laissés indifférents : nous avons été abasourdis par le bourdonnement incessant des 2 roues (la circulation est pire qu'à Hanoi) et un paysage urbain moderne en pleine mutation (le vieux Saigon ne vaut pas le vieil Hanoi). Nous avons beaucoup apprécié le musée des Souvenirs de Guerre malgré l'atrocité des photos et le propos parfois un peu partial. Après 3 nuits à Saigon, nous partons en voiture pour la tranquillité de sa campagne au sud : un monde aquatique de canaux et de larges bras de fleuves. Nous passons une nuit chez l'habitant près de Ben Tre (dans un village où nous serons les seuls touristes), une nuit à Can Tho et une à Chau Doc. L'important ici n'est pas de visiter mais de vivre l'expérience. Nous avons eu la chance de naviguer à plusieurs reprises (un petit bateau pour nous seuls) pour découvrir une région rurale incroyablement verte, l'artisanat local (avec dégustations) et la vie quotidienne des habitants sur l'eau et dans la campagne. C'est évidemment en bateau que nous explorons les marchés flottants de Cai Be et Cai Rang : ce dernier nous a beaucoup plu car l'activité était à son comble entre 7h et 9h du matin. Pendant ces 3 jours dans le delta du Mékong, nous avons mesuré à quel point notre quotidien (en Europe) était si différent : combiné à la vie fluviale, le charme unique du delta a exalté notre attrait pour l'Asie.
Pour la première fois, nous avons traversé une frontière en bateau : c'était la façon de finir en beauté ce périple au Vietnam, en partant de Chau Doc (compagnie Hang Chau) pour remonter le fleuve Mékong et pénétrer au Cambodge. A cause d'un fort courant contraire, nous avons mis 6h au lieu de 5 pour arriver à Phnom Penh où nous accueillait l'équipe de Khuon Tour. Nous avions réservé 3 nuits dans la capitale que nous apprécions beaucoup puis nous sommes partis en voiture (avec chauffeur) à Siem Reap (4 nuits) pour profiter encore une fois des richesses d'Angkor. Avant d'arriver à Siem Reap, nous avons fait un crochet pour visiter Beng Melea, un temple angkorien englouti par la jungle, un avant-goût mystérieux des trésors du royaume khmer. Pendant 3 jours, nous avons redécouvert avec passion les sites d'Angkor. Enfin, nous avons rejoint la France en prenant un vol direct de Siem Reap à Hanoi puis un vol pour Paris.